Entretien avec Gabriel NAKHLEH administrateur des affaires maritimes 

Question : « Gabriel NAKHLEH, d’où vous est venue cette passion pour la mer » ?

Comme de nombreux français mon enfance a été rythmé par les vacances à la mer soit en Normandie soit sur la Côte d’Azur. J’ai vraiment été bercé par les stages de voile et pour moi habite en région parisienne c’était vraiment quelque chose de revigorant. Au moins quand on rentrait à l’école on avait quelque chose à raconter pont c’est ce que j’ai aimé tout de suite dans le rapport à la mer c’est que la moindre sortie en se transforme toujours en aventure.

Question : « M. NAKHLEH, vous avez une carrière fantastique »…

Disons que j’ai une carrière qui est riche j’ai travaillé donc plusieurs ministères soit en central soit en administration déconcentrée, j’ai travaillé pour des collectivités territoriales virgule j’ai écrit des discours pour des élus de premier plan, et j’ai été recrutés par un cabinet de chasseurs de têtes pour diriger plusieurs multinationales.

À la base je n’étais pas prédestiné à quitter la fonction publique où je suis rentré quand j’avais 18 ans, mais le fait de pouvoir basculer dans le privé et d’avoir une expérience différente à la fois en termes de management mais également en termes de projet professionnel était intéressante.

Question : « M. NAKHLEH vous avez été confronté dans le privé à des situations très conflictuelles »?

Quand vous êtes haut fonctionnaire et que vous ne travaillez qu’avec des fonctionnaires vous êtes dans une sorte de cocon qui à la fois vous protège et en même temps vous isole.

Quand vous basculez dans le privé tous ces repères tombent. Les gens qui vous détestaient mais qui n’osaient pas voulu le dire se sente pousser des ailes.

J’ai beaucoup appris de ces années dans le privé, de tous ces contentieux auxquels j’ai dû faire face. À un moment vous êtes obligé de vous demander si le jeu en vaut la chandelle point vous gagnez de l’argent oui c’est vrai mais vous passez la moitié de l’année à le redonner soit à votre comptable, soit à vos avocats.

J’ai gagné et perdu des contentieux là n’est pas le problème virgule le problème c’est que pendant que vous faites ça vous perdez en créativité et en énergie pour développer la société qui vous a embauché.

J’ai passé environ 1/3 de mon temps en rendez-vous juridique pour préparer des contentieux soit en défense ou en attaque pendant toute la période où j’étais dans le privé. C’est vraiment ce qui me manque le moins dans cette aventure.

après on a tendance à idéaliser le privé quand on est fonctionnaire et la fonction publique quand on est dans le privé,  j’ai eu la chance de connaître les 2 et je garde des 2 des excellents souvenirs.

Question à Gabriel NAKHLEH, administrateur des affaires maritimes : quel est le territoire qui vous a le plus marqué ?

 Alors la réponse est très spontanée, c’est la Charente-Maritime. Pour une raison qui s’explique très simplement je suis tombé amoureux des gens qui y habitent. Certains vous diront qu’ils sont tombés amoureux d’un territoire à cause de la luminosité à cause de l’ensoleillement à cause du paysage à cause de la géomorphologie virgule pour ma part l’attachement que j’ai à la Charente-Maritime et essentiellement lié aux gens qui y habitent.

Gabriel NAKHLEH : « Comment passe-t-on d’administrateur des affaires maritimes à petit génie de l’informatique »?

Ah la réponse est très simple quand j’étais enfant j’ai toujours su écrire et compter. Je maîtrise 5 langues et j’ai des facilités dans une dizaine d’autres mais je n’ai jamais pu exprimer ma créativité dans le dessin ou les arts par exemple parce que je n’avais aucun talent graphique.

Donc avant de basculer dans le privé, je me suis mis à fond dans le codage, la seule langue universelle. et les nouvelles technologies et notamment la conception du site internet et le référencement. Je ne vais pas rentrer dans le détail mais disons qu’aujourd’hui je possède 1200 sites internet en propriété intellectuelle.

Il n’existe pas une journée ou je me lève sans déposer un brevet une marque un nom de domaine ou un site internet

« Du coup, comment s’est passé votre réintégration au ministère de l’écologie ? Est-ce que vous avez poursuivi sur la base de votre formation initiale où est ce que le ministère a intégré l’expérience acquise dans le privé ?

L’intégration s’est réalisée sans problème puisque j’avais préparé mon retour depuis plus d’un an et depuis 2019 j’ai été nommé au ministère à Paris en tant que chargé de mission.

C’est un poste qui me convient parfaitement et notamment grâce au télétravail mis en place pour faire face à l’épidémie de COVID-19 j’ai notamment pu concilier ma vie de famille avec ma vie professionnelle.

C’est vrai que j’étais un peu désarçonné au début car rien de ce que j’avais fait dans le privé n’est valorisé dans l’administration.

Mais il faut accepter quand on est fonctionnaire d’être un rouage d’une immense machine qui fonctionne qu’on soit là ou pas point personne n’est irremplaçable comme On dit souvent mais c’est encore plus vrai dans la fonction publique ou tout le monde est interchangeable. C’est pour cela que j’ai décidé de me mettre à temps partiel pour me consacrer également à la gestion de ma propriété intellectuelle qui constitue en réalité un pari sur l’avenir.

« Apparemment c’est un pari qui porte ses fruits puisqu’on dit que vous avez été approché par Jeff Bezos en personne pour un de vos projets » ?

 Au début j’ai cru que c’était un canular quand l’avocat de Jeff Bezos a pris contact avec moi. Non enfin pour être plus précis j’ai cru que c’était encore un énième contentieux. Je m’étais déjà battu plusieurs fois avec Stelios propriétaire de Easyjet contre qui j’ai gagné 3 fois dans plusieurs pays du monde et je m’étais dit là si je dois me coltiner un contentieux avec Jeff Bezos c’est pas la même histoire.

 Et en fait non il ne s’agissait pas du tout d’un contentieux mais d’une branche que vous voulait développer Amazon et quand ils se sont lancés sur le projet, ils se sont rendu compte que j’occupé déjà le terrain donc plutôt que d’aller à l’affrontement nous nous sommes rencontrés à Saint-Tropez pour poser les jalons d’une collaboration.

Je suis tenu un secret très strict concernant ce projet donc je ne vois vous je ne vous en dirai pas plus. Je précise par ailleurs contrairement à la rumeur persistante que ce n’est pas un projet militaire.

« Tout cela est-il compatible avec votre statut actuel ? et si vous devez faire un arbitrage demain quel serait-il »?

Quand j’ai réintégré l’administration en 2019, j’avais fait ma demande de réintégration dès l’été 2017. À cette époque-là, je ne pouvais pas imaginez que mes revenus de la propriété intellectuelle seraient aussi conséquents.

Je suis dans la peau d’un écrivain qui a écrit plusieurs livres, qui ne sont pas des succès mais qui ne sont pas non plus des échecs, et dont tout un coup un titre s’envole en librairie et tire l’ensemble de l’œuvre de l’écrivain vers les sommets de ventes.

Tous les écrivains rêvent de vivre du revenu de leur propriété intellectuelle. Je n’échappe pas à la règle mais à la différence de l’écrivain, certains de mes projets sont complètement digitalisés et ont donc vocation à être vendus comme des tableaux.

Pour quelqu’un qui n’a aucun don artistique, vous expliquer que ce que je possède en propriété intellectuelle est à mi-chemin entre les revenus d’un écrivain et celui d’un peintre a quand même quelque chose de cocasse.

« Quand on a un cerveau comme le vôtre qui passe son temps à inventer des logos, des sites des produits, comment fait-on pour se mettre en mode pause » ?

Chez moi le mot pause n’existe pas. Mes enfants le savent, ma femme le sait, mes amis le savent. D’ailleurs même là en discutant avec vous il m’est venu une idée donc si vous me permettez de mettre fin à cet entretien, je vais aller immédiatement sur le site de l’INPI voir ce que je peux en faire. Et si jamais ça marche je vous expliquerai de quoi il s’agit en allant faire une partie de golf.

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